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samedi 2 octobre 2010

Jack Barron et l'Eternité - Norman Spinrad

Jack Barron présente une émission de télévision, suivie par un très large public, où il prétend redresser les torts et secouer le système corrompu. Bien sûr tout cela n’est que pour le show et l’argent, et il est loin le temps de l’étudiant rebelle Jack Barron luttant pour les droits civiques. Puis il finit par se heurter à Benedict Howards, richissime homme d’affaires qui affirme pouvoir ressusciter un jour les milliers de gens cryogénisés par sa société. Les deux hommes entament une lutte où l’immortalité devient l’enjeu.

Pour avoir apprécié d’autres œuvres de Spinrad (Les miroirs de l’esprit, Rêve de fer, Ces hommes dans la jungle), j’ai lu également ce livre. Deux bémols en le commençant : un style au début un peu irritant (mais on s’habitue assez vite), puis la question raciale et des droits civiques aux US qui semble un peu hors de propos à notre époque pour se retrouver dans un roman d’anticipation (mais le livre étant écrit dans les années 60, cela avait bien plus de sens).

Mais on se laisse gagner rapidement par cette histoire de manipulation, à ce jeu du chat et de la souris où les participants ne savent plus s’ils sont les chasseurs, les chassés, ou les deux à la fois. Malgré le fait que je me suis douté du dénouement assez vite, le récit s’articule autour de réflexions critiques sur les médias et la politique, le tout avec beaucoup d’humour noir.

mercredi 4 août 2010

Récentes lectures

La Marche rouge : Les enfants de l'Hôpital général – Marion Sigaut
Au XVIIème et XVIIIème siècle à Paris, les pauvres sont conduits de force à l’Hôpital général, censé les aider, mais où les administrateurs les exploitent. De nombreux enfants sont également enlevés, ce qui conduit en 1750 à des émeutes de la part d’une population parisienne inquiète. Que sont-ils devenus ? Enfermés à l’Hôpital général, envoyés dans les colonies, livrés à des pervers ? Rédigé par une historienne, un livre que j’ai trouvé très intéressant à lire, pas seulement pour l’enquête elle-même, mais pour découvrir les mœurs de l’époque, l’attitude des puissants, la condition des miséreux, les rivalités factieuses entre jansénistes et jésuites… où de terribles ombres planent sur le siècle des lumières.


Le retour de Merlin – Dr. Deepak Chopra
Dans un village anglais au XXème siècle, les héros égarés de la légende arthurienne reviennent sous les traits de gens ordinaires. Ceux-ci, malgré leur ignorance première, comprennent peu à peu leur rôle et reprennent leur place dans le légendaire combat entre le Bien et le Mal. Un roman initiatique parlant de magie et d’évolution spirituelle, bien que pour ma part je n’y ai accroché que partiellement.


La Rose blanche – Inge Scholl
Dans une Allemagne complètement nazifiée, de jeunes étudiants – comme Alexander Schmorell, Hans & Sophie Scholl – ont soif de justice et sont horrifiés par la dictature. Ils s’organisent pour diffuser des tracts dans les universités dénonçant les crimes nazis, dont les atrocités commises contre les Juifs, espérant une prise de conscience et in fine le renversement du régime. Les jeunes gens sont finalement arrêtés par la Gestapo et exécutés. Leur histoire est présentée par Inge Scholl, sœur de Hans & Sophie, qui reproduit également les tracts de la Rose blanche. Un hommage aux résistants allemands qui se sont dressés contre le régime nazi.


The Accidental Time Machine – Joe Haldeman
Matt Fuller, assistant de laboratoire, est saisi de stupeur lorsque le calibrateur qu’il a construit disparaît tout à coup pour réapparaître un peu plus tard. Ce phénomène se reproduit, avec des écarts temporels de plus en plus importants. Matt se rend compte qu’il a fabriqué, par accident, une machine à voyager dans le temps. Il découvre le moyen de l’utiliser et se lance dans une exploration du futur. Il fera de nombreuses rencontres : une fille issue d’une dictature religieuse, son ancien maître de laboratoire devenu prix nobel pour avoir analysé sa propre découverte, et une intelligence artificielle le pressant de se rendre à la fin des temps…

jeudi 3 juin 2010

Ces messagers venus d'ailleurs

« Ces messagers venus d’ailleurs » est le recueil rassemblant les nouvelles lauréates du concours « Popfiction 2010 ». J’y suis au sommaire avec mon texte La demeure du silence.

Le thème du concours était « les anges et les démons sont en fait des êtres venus de l’espace ». Avec une telle formulation, j’ai eu la crainte que les nouvelles allaient se ressembler fortement, et que leur dénouement serait de facto dévoilé (« ah ah, il s’agissait d’un ange, avouez que vous ne vous y attendiez pas, cher lecteur »). Un peu comme si l’on faisait une anthologie de polar avec pour thème « le coupable est le colonel Moutarde dans la bibliothèque avec le chandelier ».

Eh bien pas du tout ! Les nouvelles sont vraiment différentes les unes des autres et le thème affiché de l’anthologie ne gâche pas la surprise. Un choix judicieux de textes, de très bonne qualité.

Le recueil « Ces messagers venus d’ailleurs » est publié par les Éditions Popfiction. L’ouvrage est disponible auprès de votre libraire ou via le site au prix de 12,90 €. ISBN : 978-2-923753-10-2

L’ouvrage est aussi disponible en version électronique ici au prix de 5 €.

Ci-dessous la quatrième de couverture :


Les anges et les démons sont en fait des êtres venus de l’espace ! Dans le cadre de la 2 e édition du Concours de nouvelles des Éditions Popfiction, chaque participant devait charpenter un récit sur l’assise proposée par cette affirmation. Chaque texte primé conjugue donc religion et science-fiction, mélange explosif et surprenant qui saura captiver le lecteur que vous êtes.

Dans Déjà-vu, encore et encore ! (Denis-Martin Chabot), un homme qui vient de braquer une banque revit la même situation jusqu’à ce qu’il comprenne la portée de ses gestes.

Dans La Demeure du silence (Hans Delrue), un théologien est convoqué par l’armée pour entrer en communication avec des êtres découverts dans des capsules de verre flottant dans l’espace.

Dans La Bête de Cérès (Cyril Deydier), un médecin et une infirmière sont dépêchés sur un astéroïde après que les autorités eurent perdu contact avec les ouvriers d’une mine spatiale.

Dans Démonarnarchie (Philippe Fauché), un cardinal aux manières peu orthodoxes tente de maintenir la trêve conclue avec des démons et d’empêcher la destruction de tout un secteur de la galaxie.

Dans L’Arche (Jonathan Henrotel), un prêtre-espion infiltre l’équipage du Soleil Noir, vaisseau d’exploration des Agnostiques, dans le but de détruire une arche spatiale renfermant des secrets divins.

Dans Le Pari (Serge Jr Joseph et Benoît Melanson), un homme signe un pacte avec le démon afin de remporter un pari, mais il se rend vite compte que cet arrangement fait partie d’un complot bien plus sinistre.

Dans L’erreur est humaine (Sylvain Peter), un homme pénètre dans un étrange dôme malgré les avertissements et découvre ce qu’il advient de ceux qui désirent accéder à la Connaissance.

Dans Les Véhicules de l’enfer (Éric Rochegude), le survivant de l’écrasement d’un vaisseau spatial révèle la vraie nature de l’enfer à un colonel de l’armée américaine chargé de l’interroger.

Dans Opération « Décontamination » (Albain Whissell), des êtres mystérieux viennent en aide à Loth avant que la ville qu’il habite ne soit détruite par une arme de destruction massive.

Dans Azaël et l’exode (Yanick Yelle), à la suite d’une guerre survenue dans le ciel, un démon explique comment les autres anges déchus ont été précipités sur Terre.

mercredi 21 avril 2010

De la chair à l’acier

Le recueil « De la chair à l’acier » est à présent disponible aux Éditions Icare. Cette anthologie rassemble les nouvelles lauréates du concours d’écriture « Plumes en Herbe » organisé par l’association Forgesonges (il s’agissait du premier appel à textes auquel j’ai participé). Parmi les textes, le mien : Allegro ma non troppo. L’ouvrage est au prix de 17,50€ dans la boutique des Éditions Icare.

Les nouvelles sont très variées, allant de la fantasy à la science-fiction, en passant par le steam-punk et l’uchronie. J’ai particulièrement apprécié Byblos, La Barrière d'Arkhan et Sourire Cobalt.

Voici le pitch de chacun des textes publiés, selon l’ordre du sommaire :

Allegro ma non troppo de Hans Delrue
Grâce à la technologie des implants, il est désormais possible d'améliorer ses aptitudes, de quoi séduire même les artistes. Alessandro Comellini, le vieux professeur de piano, ne partage pas cet enthousiasme et veut préserver la pureté de son art. La musique est une maîtresse exigeante. Plus encore qu'il ne le croit.

Au large d'Ildéîade de Sébastien Ruche
La cité d’Ildéïade. Une ville d’acier reflétant le soleil. Un monde futuriste tournant autour d’un unique secret, jalousement gardé. Chaque nuit, une course sans pitié oppose noctambules et sourceurs, à la recherche d’ovoïdes charnels rejetés par l’océan. Vendues au lever du jour, ces Eufines valent de l’or. Joxa Limnevik survit dans cette jungle urbaine, tentant seulement de ne pas sombrer, poursuivant nuit après nuit son périple, à la recherche des fameux objets. Pourtant, les choses ne peuvent durer indéfiniment. Ildeïade devra tôt ou tard rendre des comptes à ce territoire qu’elle a volé. Quand le moment sera venu, qui sait ce qu’il adviendra d’elle…

Byblos de Natalia Aparicio Vuille
La Bibliothèque d’Alexandrie. Tout le savoir du monde antique rassemblé en un seul lieu. Plus de 700.000 manuscrits uniques. Isidoros, un scribe talentueux se voit confier la traduction d’un mystérieux livre. Dès lors, ses ennuis ne feront que commencer. Ils le mèneront du sommet de la connaissance au plus profond et obscur des secrets. Oserez-vous plonger dans l’étonnant labyrinthe de la bibliothèque la plus légendaire de tous les temps ?

Cortex Connection de Christophe Nicolier
Londres, 1888 : le détective Sherlock Doll est au bout du rouleau avec sa mémoire qui fout le camp, aussi fidèle que les putains qui zonent dans son coin, à Limehouse, le quartier asiate : c’est dire ! Pas facile de bosser dans ces conditions mais Doll accepte quand même une affaire, bien payée : mettre la main sur un certain John Wizard… Sur fond de guerre totale entre l’industrieuse capitale du vice et les cités-Etats du continent, l’affaire « John Wizard » va contraindre Doll à débrouiller les fils de son propre passé, entre vie et mort, réalité et folie.

La Barrière d'Arkhan de Lùani
Ethan Astar reprend conscience dans une cuve de régénération. Il est l'unique survivant de l'attaque ayant rasé la première base de spatiale de Renkhil. Deux possibilités s'offrent maintenant à lui : il peut laisser Evangeline, la jeune médecin, mener la régénération à son terme, ou s'engager dans la guerre contre les Avaliens en devenant un bio-tech, mi-homme, mi-vaisseau. Fera-t-il le bon choix ? Quelqu'un y veille...

Les Lumineux de Jean Baret
Un père tente de convaincre son fils de la nécessité de transformer son corps pour intégrer les "lumineux", élite affranchie des contingences biologiques. Mais, se libérer de la violence des émotions et décupler ses capacités cognitives correspond-elle vraiment à une définition philosophique de l'Homme ? Ne transformerait-elle pas plutôt ceux qui sortent "de la caverne" platonicienne en monstres ?

L'Ours et l'ombre de Kenelm Bechon-Pearson
Je soussigné, Uygo, Gui, Martial Cassein, programmateur municipal délégué aux combats spectaculaires de la cité-état de Roans, accepte par la présente la requête royale du 23 septembre 311 (VIIième ère), concernant la mise en place d’un Défi Majeur attendu le 16 novembre de la même année. Je ferai mon possible pour que le combat soit livré sans faute malgré le peu de temps qui m’est imparti, et assure que l’évènement restera gravé dans les mémoires de notre bien-aimé Ours Roi et de ses invités. Avec l’assurance de mon plus total dévouement envers notre Suverain, Uygo Cassein.
PS : Au sujet de ces fameuses directives exceptionnelles, aussi inhabituelles qu’elles soient, soyez assuré qu’elles seront respectées à la lettre…

Premières lignes de Nicolas Soffray
Rien de plus difficile qu'une première fois... A peine adulte, Deirein fuit les siens pour un monde de guerre et fait le violent apprentissage du métier des armes, dans le fracas des premières lignes. Chaque réaction s'avère cruciale, chaque décision vitale, chaque hésitation fatale. Qu'il fasse les bons choix ou les pires, il devra tirer la leçon de chaque nouvelle expérience, et apprendre de toutes ces premières fois...

Sourire Cobalt de Nicholas Eustache
"Je suis un guide. Je suis une incarnation. Je suis un prédateur. Je suis un allié. Né de l'acier forgé pour faire couler le sang, j'ai vécu sur les champs de bataille et n'ai jamais manqué de subsistance." Dimitri l'étranger, le poursuivi, percera-t-il les mystères de la voix si séduisante qui lui murmure tant de mots doux, de mots bleus, de mots cobalt ?

Une liberté au goût d'acier de JL Saikali
Un guerrier d'exception, un assassin au sang-froid, un personnage ténébreux. Autant de définitions qui correspondent à l'Ombre. Ce que l'on sait moins, c'est qu'une Ombre ne choisit pas son destin. Tel un vulgaire objet, on la forme contre écus sonnant et trébuchant, sur demande de riches commanditaires. Ces clients gagnent alors un contrôle absolu sur leur esclave, instrument de mort par excellence. Mais la gravité de certains actes entraîne les dérapages les plus incontrôlables...

jeudi 18 mars 2010

Du Souffle sous la Plume

L’anthologie « Du Souffle sous la Plume n°1 », à laquelle j’ai participé, rassemble une série de poèmes et de nouvelles de thèmes variés par divers auteurs. Les textes se révèlent pour la plupart assez poétiques eux-mêmes, plus axé sur le style que l’histoire (à quelques exceptions près, dont le mien).

Quelques récits ont retenu mon attention, comme La main coupée d’Isabelle Verneuil qui, dans un texte épistolaire, se souvient d’une sévère leçon infligée dans sa jeunesse quant au châtiment et au pardon. Ainsi que le suicide raté d’un modeste employé, raconté par Philippe Laperrouse dans Vol au-dessus de rien du tout. Ou encore l’envol d’un enfant anormal dans L’oiseau sans ailes de Morgane Tellechea.

Dans ma nouvelle, Le secret de ma mère, Véronique doit faire face à l’hostilité de sa mère quand elle lui présente son fiancé. Que cache cette réaction apparemment absurde ?

Le recueil peut être commandé au prix de 11€ dans la boutique de la maison d'édition.

samedi 6 mars 2010

Le monde selon Ève

L’anthologie « Le Monde Selon Ève » rassemble huit nouvelles de l’imaginaire, dont la mienne, autour de la figure mythique d’Ève, la mère des hommes. L’ouvrage a été publié aux Éditions Voy’[el] et est disponible dans leur boutique au prix de 11€. Les bénéfices sur la vente de ce livre seront reversés à une association d’aide à la scolarisation des petites filles en Inde.

Genèse de Hans Delrue
La Terre a été ravagée par une guerre mondiale. Dans un vaisseau de retour vers la planète-mère, les voyageurs s’imaginent les derniers survivants et la semence de la future civilisation. Mais les différentes conceptions et les tensions sexuelles minent l’atmosphère, tandis qu’ils doivent prendre une décision importante quant à l’avenir de l’humanité. Voyez aussi la présentation de ma nouvelle sur ce blog.

333 de Sara Doke
Neuf femmes se rassemblent. Elles sont trois jeunes filles, trois femmes mûres et trois vieilles femmes. Chacune possède son histoire, ses souffrances, mais incarne aussi, selon la génération, la révolte, la maternité, la sagesse. Elles font cercle pour une mystérieuse invocation qui les placera devant leurs contradictions.

Mater Noster de Nicholas Eustache
Adam et Lilith tentent de survivre après avoir été chassés du jardin d’Eden. Leur fille, Eve, se pose peu à peu en rivale face à sa mère. Qu’adviendra-t-il alors de Lilith si elle ne peut être mère de la vie des hommes ?

Elle(s) de Nathalie Le Gendre
Une femme médite, incarnation de nombreuses femmes, de différentes vies, d’innombrables souffrances dues aux hommes.

Anima de Julien Morgan
Dans un vaisseau colonial transportant des humains en hibernation, l’intelligence artificielle (Eva) décide de tuer tous les mâles, les considérant comme des éléments nocifs au développement de la future colonie. Elle réveille de leur stase deux femmes pour accomplir la tâche mais celle-ci décide de sortir un homme, Diego, de son hibernation. Celui-ci, à la nature plus féminine que masculine, serait en mesure de convaincre Eva de renoncer à son terrible projet.

Louve de Léa Silva
Un virus a décimé la population du globe et Le Maître recueille les enfants survivants, dont Louve, dans sa maison où il les instruit. Le quotidien de la petite communauté est cependant perturbé par l’arrivée inopinée d’un étranger.

La Maladie du Ver à soie de Ketty Steward
Dans une colonie spatiale, les caractères sexuels sont effacés au profit d’êtres androgynes vivant en bonne entente, loin des conflits entre hommes et femmes, dans une société bien trop lisse. En effet, ces êtres improbables (répondant aux pronoms ille/el plutôt qu’il/elle) redécouvrent pour certains l’amour et la nécessité de retrouver leurs différences sexuelles.

Charmants enfants de Bernard Weiss
Ève, la mère des hommes, est emportée loin de son époque préhistorique par un sortilège de voyage dans le temps et croise la route de ses descendants, qui ne sont pas si charmants que ça…

vendredi 5 mars 2010

Le rapport de Brodeck - Philippe Claudel

« L’Anderer » (l’Autre) s’installe au village et ses habitants, de plus en plus gênés par sa présence, finissent par l’éliminer pour le crime d’être différent. Brodeck n’y est pour rien mais se retrouve pris dans les mailles de l’affaire, puisque les villageois lui demandent d’écrire un rapport, visant à expliquer leur geste. Brodeck entreprend de l’écrire, tout en tenant un journal de ses découvertes et réflexions qui constituent le livre.

Se dévoilent alors peu à peu les sombres secrets et les lâches compromissions des villageois pendant la guerre, dans une région indéfinie mais que l’on devine frontalière du Grand Reich. Brodeck raconte aussi peu à peu l’horreur qu’il a subie, prisonnier des camps et improbable survivant, lui aussi victime de l’hostilité des villageois vis-à-vis de ce qui leur est étranger. Il reconstitue peu à peu la trame des événements qui ont conduit à l’exécution de « l’Anderer » comme à sa propre déportation.

Le récit est lent à se mettre en place et à se dévoiler (le rendant un peu ennuyeux au début, malgré le style remarquable - parfois un peu lourd), il faut donc passer l’écueil des premiers chapitres – mais il gagne par la suite en intrigue et en profondeur. La finalité de la rédaction du rapport reste discutable (à moins d’y voir une sorte de catharsis du village mais comme sa version finale n’est lue que par une seule personne ?), mais pour le reste, l’auteur décrit fort bien dans ce livre sombre l’articulation des petites et grandes lâchetés des hommes quand ils ont peur.

vendredi 29 janvier 2010

L’Ogre de l’espace - Gregory Benford

Des astronomes découvrent un signal émanant d’un trou noir qui s’approche du système solaire. Cette étrange singularité, constituée de puissantes forces magnétiques, se « nourrit » de la matière éparse qu’elle trouve sur son passage. L’équipe scientifique se rend compte avec stupeur que le nouveau venu se révèle intelligent et qu’il veut dialoguer avec l’espèce humaine. Au fur et à mesure de son approche de la Terre, son discours devient plus inquiétant et il se met à poser des exigences… L’astronome Benjamin Knowlton étudie le phénomène, aidé de sa femme et collègue Channing, atteinte d’un cancer et qui n’a plus que quelques mois à vivre.

Un roman de « hard science » bien écrit et documenté – ce qui rend la singularité crédible dans son existence et sa démarche (alors que le thème du trou noir venu dialoguer aurait pu se révéler ridicule) – sans être rébarbatif. Le récit s’attache aussi aux relations entre les membres de l’équipe scientifique, leurs rapports avec les autorités, les dissensions et frustrations qui peuvent régner entre eux. Sans oublier le thème de la maladie et de la mort. L’ensemble est malgré tout traité avec justesse, et même un certain humour.

jeudi 7 janvier 2010

Assassin 24h/24

Assassin 24h/24 est une anthologie, à laquelle j’ai participé, rassemblant quinze nouvelles autour de la profession de l’assassin dans des univers où celle-ci serait « légale ». Les genres vont de la science-fiction à la fantasy, en passant par la littérature historique. L’ouvrage est un hors-série de Fan2Fantasy et peut être commandé au prix de 8,5€ auprès de l’association au moyen de ce formulaire.

Le suicidaire de Mestr Tom
Un soldat fatigué de la vie se décide un peu vite à commander son suicide.

L’imprévu de Frédéric Vasseur
Au sein d’une guilde d’assassins, un jeune apprenti commet une erreur – pourra-t-il s’en sortir vivant ?

Faiseur d’ange de Maël Duplissy
Dans la vallée des anges, l’assassin Zid doit remplir un contrat.

Divorce mortel d’Émilie Milon
Qu’il est difficile de choisir le meilleur assassin quand on désire se débarrasser de sa femme dépensière…

Code Rouge de Bénédicte Coudière
Deux membres de la Brigade de Contrôle Commercial enquêtent sur un nouveau commerçant pour qui les affaires marchent bien.

Le Grand Jeu de Hans Delrue
Les membres de l'aristocratie, pour se désennuyer, organisent des réceptions où a lieu le Grand Jeu : un assassin cherche à y tuer un des convives. Lire la présentation plus complète de ma nouvelle sur ce blog.

Assassin de Richard Mesplède
Un chasseur de primes est à la poursuite d’un dangereux desperado.

La séduction à l’italienne de Marianne Gellon
Décidé à se débarrasser de l’amant de sa femme, Lucas pousse la porte d’une agence aux services particuliers.

Qui vivra verra de g@rp
La difficulté de tenir sa réputation quand on est un assassin ayant pignon sur rue.

Job d’étudiant d’Ursula Chenu
Une jeune femme passe un entretien d’embauche pour la profession d’assassin.

L’Enrobeur de Tepthida Hay
Les derniers Etres magiques encore en vie se cachent. L’un d’eux, soi-disant teinturier, exerce en cachette le métier d’assassin.

Dépeuplement de Léa Silva
Un vieillard rencontre son assassin et entame une discussion avec lui.

Amorphosis de Kévin Ehrhardt
Dans un monde futuriste, le quotidien d’un assassin pressé de réunir assez de fonds pour déménager.

L’âme de l’assassin de Sébastien Clarac
Un assassin de seconde catégorie se voit obliger d’accepter un contrat qui le dépasse.

Le revers de la médaille de Blueskyman
Jeux olympiques de l’assassinat.

Ni d'Eve ni d'Adam - Amélie Nothomb

Stupeurs et tremblements contait l’histoire et la déchéance d’Amélie en prise avec les règles subtiles de la compagnie Yumimoto et sa terrible hiérarchie. Ni d’Eve ni d’Adam est une histoire en parallèle : celle de la narratrice et de sa romance amoureuse avec le japonais Rinri, sur fond de traditions et paysages nippons. De la première rencontre jusqu’à la rupture, en passant par les rendez-vous et les fiançailles, l’amour (ou le non-amour) est raconté de manière tendre et ironique, entaché des aspects moins sympathiques de la narratrice, comme un certain égocentrisme et une lâcheté finale mais assumée.

samedi 28 novembre 2009

La grande déculturation - Renaud Camus

Sous le motif louable de permettre l’accès de tous à la culture, notre société l’a en fait complètement dévalorisée. Les normes du raffinement, de l’esthétique, de la beauté ont été si réduites pour plaire aux masses que ces valeurs n’ont plus de véritable sens. L’auteur cite de nombreux exemples à l’appui de sa thèse : la baisse du niveau du baccalauréat (pour atteindre les objectifs en nombre de bacheliers), la culture à la télévision remplacée par du divertissement (abusivement qualifié de culturel), l’importance prises par les acteurs au détriment des auteurs, l’égalitarisme forcené de ranger au même niveau toute production dite culturelle avec les chefs d’œuvre du passé, etc.

Si les rimes des chansonniers d’aujourd’hui ont la même valeur que les poèmes de Rimbaud, alors tout devient « culture », tant et si bien que ce terme galvaudé ne veut plus rien dire. Pire : les portes du temple sont à présent grandes ouvertes aux forces de l’argent pour qui le livre devient un « produit » et le Louvre une « marque ». La grande déculturation est en marche.

C’est ce constat pessimiste que l’auteur nous dresse, dans un style remarquable. Une démonstration à laquelle tout esthète ne peut que souscrire, et qui devrait faire réfléchir tout véritable progressiste un tant soit peu lucide. Pour Camus, la véritable culture est nécessairement élitiste, l’apanage d’une minorité : il célèbre les musées vides où les œuvres peuvent être admirées en silence par ceux en mesure de les apprécier véritablement. Sans aller jusque là, il est certain que l’accès du plus grand nombre (ou de façon plus réaliste d’un plus grand nombre) à la culture aurait dû se faire en veillant à ne pas écraser l’échelle des valeurs. Tout ne se vaut pas. Un livre à lire par tous les amoureux de la culture, qui la voient disparaître au profit du divertissement et du marché.

mardi 24 novembre 2009

Le sumo qui ne pouvait pas grossir - Eric-Emmanuel Schmitt

Jun est un adolescent laissé à lui-même, orphelin de père et délaissé par sa mère. Il survit en vendant des menus objets à la sauvette, lorsqu’un vieil homme l’aborde, affirmant voir le « gros » en lui. Ce dernier, maître d’une école de sumo, parvient à convaincre le jeune homme d’apprendre cet art martial. Peu à peu, Jun s’initie également au zen et finit par se réconcilier avec les autres ainsi qu’avec lui-même.

Un conte mignon, fondé sur quelques concepts vaguement bouddhistes, à l’intérêt limité. Certes bien écrit, le récit s’avère sans surprise (il devient sumo, il tombe amoureux de la fille et ils se marient et auront plein d’enfants). J’ai une préférence pour des romans plus « durs » de cet auteur, et qui invitent à plus de réflexion, comme « La part de l’autre » par exemple. Bref, un livre « spiritualité-minute » pour les lecteurs recherchant une histoire optimiste, mais qui reste trop à la surface des choses pour moi.

vendredi 6 novembre 2009

Deus irae - Philip K. Dick & Roger Zelazny

Après un conflit nucléaire généralisé, les survivants sont regroupés en petites communautés. La plupart sont devenus des mutants, d’autres sont défigurés ou présentent de graves handicaps. Deux églises se disputent leurs faveurs : l’église chrétienne et celle qui vénère Deus irae, le Dieu de la Colère, l’être qui a plongé le monde dans l’horreur atomique. Tibor McMasters est un peintre « inc » (incomplet), sans bras ni jambes, qui se déplace dans un petit véhicule, et manie les objets avec des extensions métalliques. Il est chargé par les prêtres du Dieu de la Colère d’en faire son portrait. Le peintre part donc en pèlerinage au travers du monde dévasté pour retrouver l’homme qui a déclenché l’apocalypse.

Le récit décrit la quête d’un homme abîmé dans un univers lui-même meurtri. Dans ce contexte, que signifient encore le Bien et le Mal ? En quoi doivent croire les hommes, si Dieu semble leur avoir tourné le dos ? Sinon dans un Dieu de la Colère qui a démontré sa puissance ? Il n’y a évidemment pas de réponse et les êtres humains restent livrés à eux-mêmes dans un monde absurde.

mercredi 4 novembre 2009

Les miroirs de l'esprit - Norman Spinrad

Un écrivain de science-fiction raté, John B. Steinhardt, a fondé une secte, le Transformationalisme. De petit groupe minoritaire, elle est devenue rapidement une puissance financière qui trouve des recrues jusque dans le monde d’Hollywood. Le réalisateur Jack Weller voit sa femme peu à peu convaincue par le baratin du mouvement. Celle-ci finit par le quitter, sur les ordres de ses supérieurs de la secte. Jack Weller se lance alors dans une quête au sein du mouvement pour la récupérer. Parviendra-t-il à tromper les dirigeants de la secte, leur faire croire qu’il est devenu un adepte sincère, afin de retrouver sa femme et la sauver ? Ou sera-t-il lui-même endoctriné par une organisation rompue aux techniques de manipulation ?

Norman Spinrad s’attache à dénoncer l’emprise des sectes au travers de la parodie de l’une d’entre elles, la Scientologie, et de son fondateur, L. Ron Hubbard, dont le portrait apparaît en filigrane au travers de celui du gourou du Transformationalisme. L’auteur nous convainc aisément de la nocivité de la secte imaginée et de toutes celles qui lui ressemblent dans la réalité. Le roman de 600 pages se lit d’une traite.

mardi 13 octobre 2009

Canicule

J’ai reçu l’anthologie « Canicule » rassemblant les textes lauréats du Concours de nouvelles policières organisé par la Police de Liège en 2009 (dont ma propre nouvelle « Pour ne pas gâcher ». L’anthologie est publiée aux Éditions Luce Wilquin (sans doute l’éditeur le plus connu qui m’ait publié pour le moment^^). L’ouvrage peut être commandé au prix de 14€ sur le site Rezolibre ou en librairies. ISBN : 978-2-88253-392-0.

Météologique de Bruno Verbrugge (Grand prix de la communauté française)
L’histoire d’un amour qui échauffe les esprits et l’atmosphère.

Par des nuits trop étoilés de Dominique Chappey (Grand prix de la Police de Liège)
La mort d’un fils modèle qui se révèle être un assassin de vieilles dames.

Porteurs d’eau de Benoît Ferrière
De jeunes voleurs prennent la place de livreurs d’eau.

Maman a ses chaleurs d’Yves Jadoul
Maman est morte mais son fils l’a conservée dans la glace et lui parle.

Chaleur humaine d’Isabelle Corlier
Examen inhabituel des corps dans une chambre d’autopsie.

Cuit à point d’Anne-Patricia Fontanier
Une canicule qui a raison du maire qui convoitait le terrain d’une vieille dame.

La déposition de Diego Debroux
La déposition d’un garçon que les policiers ne prennent d’abord pas au sérieux mais qui expose un crime en train d’être commis.

La grande canicule de l’indépendance de Philippe Bastin
Le moyen de faire des économies dans la sécurité sociale d’une Wallonie se retrouvant malgré elle indépendante.

Révolution de Jean-Marc Bury
Où la canicule pousse à la révolte contre le système.

Pour ne pas gâcher de Hans Delrue
Un café empoisonné qu’il ne faut pas gâcher. Lire la présentation plus complète de ma nouvelle sur ce blog.

Maldonne pour Mado de Michel Denais
Une concierge qui profite de la canicule pour supprimer les habitants de l’immeuble qu’elle dérobe.

Hot Summer de Jacques Godfrind
Amour et règlement de comptes dans une petite communauté de marginaux.

Mais qu’est-ce qu’il a, ce Georges ? de Jean Kattus
Les cris de Georges indisposent le locataire du dessus qui est bien décidé à s’en débarrasser.

Serial couleur de Michel Lauwers
Un peintre qui cherche à utiliser du sang humain pour réaliser ses tableaux.

Un peu de chaleur humaine de Paule Strens
Un condamné à mort dans une prison aux États-Unis, entre canicule et panne de courant.

Au sommet de la tour de Tatiana Tissot
Petit meurtre entre gamins. La police arrivera-t-elle à faire la lumière sur cette affaire sordide ?

Svalka de Roxane Vandenbroeck
Petite tranche de vie au commissariat.

Les cheveux roux de Sophie van der Stegen
Au cours d’un dîner chic, un docteur conte le récit d’un assassinat mystérieux.

Tremblement de cœur de Patricia Van Praet-Lonhienne
Un amour perdu et retrouvé, sur fond de crime et de jalousie.

La répulsion de Karst Olenmyl - Sébastien Gollut

Sur le continent dévasté des Jémellides, les guetteurs de la Forteresse surveillent l’usage de la magie afin de prévenir toute nouvelle catastrophe. Karst Olenmyl, lui, arrive au bout de son voyage le menant à Selme, mais avant de pouvoir pénétrer dans le village, il est soufflé, rejeté dans le lointain par un sort de répulsion. Il se réveille, amnésique, mais toujours avec le désir de Selme qui l’attire inéluctablement. Les autorités traquent cet être mystérieux, objet de ces étranges disparitions magiques. Mais Karst obtiendra de l’aide pour atteindre sa destination et découvrir la raison de sa malédiction.

Le héros paraît coincé dans une boucle temporelle – thème inhabituel pour un texte de fantasy – et doit reprendre inlassablement sa quête. L’atmosphère est lourde dans ce récit opposant le mal et le bien, ce qui lui confère sans doute un côté quelque peu manichéen. La novella est cependant bien écrite et on se plaît à découvrir le secret de Karst Olenmyl.

vendredi 25 septembre 2009

Les lendemains verts

J’ai reçu et lu l’anthologie « Les lendemains verts » publiée par la Mairie de Chalabre rassemblant les textes lauréats du Concours de nouvelles « Lendemains Verts » (ou j’ai remporté le deuxième prix). Le thème : l'écologie et la vie quotidienne dans la campagne de la deuxième moitié du XXIème siècle, interprété au sens large (romanesque, humoristique, dramatique, policier, science-fiction). L’anthologie n’est hélas pas commercialisée.

La plupart des textes sont de bonne qualité, bien que l’ensemble devienne assez répétitif. Vu le thème du recueil, la majorité des auteurs ont décrit des petites communautés menant une vie simple, en harmonie avec la nature, loin des cités modernes.

Tourisme Vert de Bruno Escrouzailles (Premier Prix)
Un couple se voit proposer un emploi dans une ferme, mais il s’agit de faire simplement illusion pour les touristes de la ville, en mal de dépaysement. L’expérience se terminera de manière brutale. Plus d’explications sur le site de l’auteur.

L’herbe est plus verte ailleurs de Hans Delrue (Deuxième Prix)
Ça, c’est la mienne^^. Les catastrophes écologiques ont failli détruire la civilisation mais le Comité Écologique tente de résoudre les problèmes de l’humanité. Après avoir nettoyé les rues de la ville, Thibaut participe à la dépollution de la campagne et va vite déchanter quant aux espoirs de renouveau. Vous pouvez également lire la présentation plus complète de ma nouvelle sur ce blog.

Sahara de Pierre Minot (Troisième Prix)
Un groupe d’étudiants visite un centre d’agriculture futuriste, permettant une énorme production tout en respectant les contraintes environnementales. L’une des étudiantes, Ambre, réfléchit à son avenir. Restera-t-elle sur place ou rentrera-t-elle dans sa ville natale ? Elle est bien plus éloignée de chez elle que le lecteur ne le pense au départ.

La Révélation d’Even
Menant une vie simple, un petit groupe d’enfants de la communauté des Truffiers, accompagné d’un vieillard, rapporte un vieil accu trouvé par hasard à un centre de recyclage. Le vieil homme évoque l’ancien temps durant le voyage.

Alpha B. de Véronique Fauvinet
Petit conte entre une fillette et un vieux jardinier algérien qui, par ses tendres efforts, sauve son arbre et les arbres à l’entour.

Le Dernier des Coronas de Jean Gualbert
L’histoire d’un virus décimant l’humanité, mais racontée du point de vue… du virus ! Texte bien écrit, ayant peu à voir avec le thème mais offrant une pause dans la série des communautés campagnardes auto-suffisantes…

Grand Extérieur de Gabriel Vidal
Des groupes de colons fuient la cité affamée pour tenter leur chance dans de petites communautés isolées, où une crainte mystique de l’environnement se développe.

La Communauté de Florence Delsol
Un petit groupe d’idéalistes s’enferme dans une vallée isolée, afin de vivre en autarcie, loin du monde moderne qui s’apprête à s’écrouler, mais cela était-il vraiment nécessaire ?

Nécessités d’ailleurs de Caroline François
Le jeune Anatole et son père vont à la grande ville échanger des sacs mystérieux contre du pétrole. Que contiennent ces sacs ? Le garçon se pose la question…

En Route vers le Progrès de Jean-François Schwaiger
La population a pris l’initiative de mieux respecter l’environnement en s’imposant les contraintes nécessaires, imposant les réformes nécessaires aux industriels.

Le Rêve d’Abia d’Odile Chapeau
Sous la direction d’Abia, une petite communauté survit en respectant la nature. Cependant, derrière ce noble paravent, Abia cache quelques secrets inavouables.

Vitesse et précipitations de Bruno Molinaro
Deux gosses de la ville viennent embêter ce qu’ils croient être une brave fermière, mais celle-ci est rompue aux technologies modernes.

Le Retour à la Ville de Nicolas Soffray
Son vieux père lui demande de venir le visiter une dernière fois à Lyon, mais Louis hésite à quitter son village. Tous ses voisins le pressent d’accepter, espérant pouvoir entendre le récit de ses aventures à la grande ville, mais Louis n’a guère envie d’y pénétrer.

Nature 86 de Sébastien Lécou
Une enquête sur l’accident d’un réacteur pousse Anton à visiter la campagne et à choisir une autre vie.

Rêve en vert de Marion Beetschen
Léa aimerait bien pénétrer, ne fût-ce qu’une fois, dans une des « campagnes », réserves naturelles hermétiquement closes, permettant de produire de l’oxygène. Mais une mauvaise surprise l’y attend.

L’enfant du hameau de Hilda & François Dussoubz
Une petite communauté se développe en construisant des maisons écologiques qui deviennent peu à peu la norme.

Bucolique de Cyril Marie-Rose
L’homme semble vivre désormais en harmonie avec la nature, mais il y a une ombre au tableau : les espèces animales sont toutes éteintes et l’homme est désormais seul.

Fleur des champs de Valérie Abbadie
Violette, jeune institutrice, quitte la ville polluée pour s’installer à la campagne et apprend à connaître ses habitants, parfois surprenants.

La peine capitale de Christian Bergzoll
De petites communautés tentent de survivre dans un monde ravagé par la montée des eaux.

vendredi 11 septembre 2009

La Brigade de l’Œil - Guillaume Guéraud

Dans une dictature futuriste, la loi Bradbury interdit toutes les images. Dessins, photographies et films ont été passés par les flammes vingt ans plus tôt. Considérée comme l’opium du peuple, la télévision n’est plus. Les hommes, enfin « libérés » du poison des images, peuvent s’adonner à des activités plus saines. Cependant, des rebelles et des trafiquants continuent à faire circuler des images interdites sous le manteau. Gare à eux ! Car la Brigade de l’Œil veille, arrêtant tous les contrevenants et leur brûlant les yeux pour les punir de leurs crimes.

Le roman alterne les aventures de deux individus. L’un, Falk, est un des responsables de la Brigade de l’Œil, traquant sans relâche les terroristes : son passé n’est pourtant pas très clair et il consomme des drogues pour tenir le rythme. L’autre, Kao, un gamin de 15 ans, deale des images à la sauvette, tombe amoureux, fraie avec des rebelles au régime, tente de faire renaître le cinéma. Les chemins des deux hommes se croisent parfois, jusqu’à l’issue fatale.

Hommage à Bradbury, le roman est très bien écrit. L’auteur décrit des scènes parfois fort violentes dans cette lutte entre dictature et rebelles de l’image. L’histoire n’est pas aussi manichéenne qu’on pourrait le penser au premier abord. L’interdiction des images a apporté des bonnes choses au peuple (intérêt pour la lecture, fin de la lobotomisation télévisuelle etc). Quant aux rebelles, ils ne sont pas tous des résistants attachés aux beaux principes, mais parfois de simples amateurs d’images pornographiques et sanglantes. L’intrigue est bien construite entre Falk et Kao, le chasseur et la proie, personnages nuancés malgré le rôle qu’ils se doivent de jouer. Roman noir et assez dur.

mercredi 2 septembre 2009

Le Magasin des Suicides - Jean Teulé

Dans un futur indéfini, les habitants dépriment au point que nombre d’entre eux veulent mettre fin à leur jour. La famille Tuvache tient justement un magasin des suicides depuis plusieurs générations. Là, le client trouvera tout le matériel nécessaire pour commettre le suicide de son choix : poisons, cordes, armes diverses… Tous les membres de la famille affichent désespoir et mauvaise humeur, jusqu’à ce que la bonne marche de leurs affaires soient troublés par l’arrivée du petit dernier : un enfant optimiste et qui ose insuffler la joie de vivre chez les clients.

Une bonne dose d’humour noir rend ce conte, basée sur une idée originale, plutôt amusant à lire. Toutefois, à la longue, les scènes ont un côté répétitif, un peu caricatural (le livre est heureusement court, ce qui atténue cette impression). La fin manque de cohérence. Bref, plaisant, mais pas exceptionnel.

vendredi 28 août 2009

La vague - Todd Strasser

Le livre est basé sur des faits réels, ayant eu lieu en 1969 en Calfornie. Ben Ross, un professeur d’histoire, projette un film sur la prise du pouvoir par les nazis en Allemagne et les camps d’extermination. Les élèves ne parviennent pas à comprendre pourquoi le peuple allemand a laissé faire, n’a pas renversé Hitler et empêché le génocide. Le professeur se lance alors dans une expérience afin de montrer à ses élèves qu’ils peuvent, eux aussi, se laisser séduire par le fascisme. Il transforme sa classe en un groupe soudé avec quelques slogans : « La Force par la Discipline, la Force par la Communauté, la Force par l'Action ». Les élèves se prennent rapidement au jeu. Le professeur perd rapidement le contrôle de ces élèves, aveuglés par leur cohésion, le sentiment de faire œuvre utile, aux points de terroriser ceux qui ne veulent pas rejoindre leur mouvement. L’enseignant lui-même se retrouve littéralement possédé par son personnage de leader. En quelques jours, l’école devient une société totalitaire, qui ne prendra fin que lorsque le professeur parviendra à infliger un choc suffisant à ses élèves pour qu’ils sortent de leur transe.

À la lecture des premiers chapitres, peu intéressants, j’ai regretté que l’histoire soit romancée, plutôt que d’avoir un compte-rendu scientifique de l’expérience. Mais lorsque celle-ci est lancée par le professeur, le livre change du tout au tout. Les personnages pâlots du début deviennent de vrais acteurs de l’histoire. Jusqu’où donc ira cette escalade totalitaire ? ne peut-on s’empêcher de se demander.

La qualité littéraire est inégale dans ce livre plutôt destiné à un public adolescent. Bien que basés sur des faits réels, la narration rend parfois l’histoire peu crédible. Il ne faut évidemment pas attendre de ce court récit une analyse détaillée des thèses du nazisme. Cependant, l’histoire est crue, brute, percutante, pédagogique. Bref, plutôt un livre adressé aux jeunes afin de leur faire comprendre la manipulation des masses.